Urgence santé
Les hôpitaux au Liban n’arrivent plus à assurer les soins.
Avec un système de santé libéral et des médecins hautement qualifiés, l’offre de soins est majoritairement assurée par le secteur privé. 80% des lits sont dans les hôpitaux privés, concentrés dans la capitale et le Mont Liban (>45%) et dépendent largement de fonds publics (64%). Suréquipés, les hôpitaux n’arrivent plus à assurer les soins, n’ayant plus les moyens d’entretenir les équipements du fait de la crise et manquant de personnel infirmier (3/1000 habitants), de médicaments et de dispositifs médicaux. Les dépenses de santé de 4 Mds US$ en 2017 sont financés à hauteur de 44% par les ménages (part du « out of pocket », un des plus élevés dans le monde) qui y consacrent en moyenne 12% de leurs dépenses, avec une inégalité de l’accès aux soins et près de 50% de la population sans couverture maladie.
L’enjeu est de répondre à l’urgence sanitaire et le financement des soins et de proposer une refonte du système de soins qui soit soutenable dans le Liban de demain.

Propositions de solutions
A court terme, demande d’aide à la France pour la constitution d’une cellule de crise internationale sous l’égide de l’ONU et de la Banque Mondiale pour faire face aux manques de médicaments et consommables et apporter du soutien à la maintenance des équipements. Pour pallier le manque d’infirmières et prévenir l’exode des jeunes médecins, proposer des subventions et formations en France en demandant en contrepartie un engagement de travail pendant 5 à 10 ans au Liban.

A moyen-long terme dans l’hypothèse de l’émergence d’une nouvelle gouvernance politique, réviser la carte sanitaire en renforçant la place des soins primaires en centre de santé et le rôle et missions du Ministère de la Santé Publique (s’inspirer de l’organisation des directions du Ministère de la santé en France – DGS, DGOS- et de la Haute Autorité de Santé.

Propositions de solutions (suite)
Créer une instance de qualité et d’efficience des soins. Introduire une médecine de parcours qui soit efficiente en termes d’impact sur l’état de santé de la population ramené aux dollars consacrés par libanais.
Créer une Caisse d’assurance maladie avec une couverture élargie en fusionnant les caisses actuelles pour couvrir les risques de santé primaire et le haut risque et maintenant l’assurance complémentaire pour les autres soins. Construire une base de données de santé favorisant la réalisation d’études épidémiologiques et de santé publique pour l’évaluation de stratégie thérapeutiques et de politiques de santé.

S’appuyer sur la recherche scientifique comme levier de transformation avec des collaborations entre le CNRS Liban et le CNRS/ANR/AFD.
Poursuivre les projets de santé numérique (téléconsultations, télésoins) en les transformant pour remettre l’excellence médicale au service du développement économique du pays (pour les pays environnants et l’Afrique).

BIBLIOGRAPHIE
The Economist – Healthcare Unit – a 166 country comparison on outcomes and costs – 2014
Lebanon WHO statistic profile – WHO 2015
Rapport BlomBank 2016
Statistical bulletin – Ministry of Public Health, 2018
Country Cooperation Strategy – World Health Organization (WHO) – 2010-2015
The collaborative governance of Lebanon’s Health Sector – 20 years of efforts to transform Lebanon’s Healthcare sector – MoPH / WHO – May 2018
E-Health Strategic Roadmap for Lebanon – Ministry of Public Health (MoPH) / AUBMC , Karim Hatem 2019
Lebanon Partnership Update, WHO – August 2020
Report for the Abou-Zeid Foundation – Switzerland 2021 Lebanon
Economic Monitor World Bank Group – 2021

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